Le carnet de Sandy

En tant que sophrologue, je propose ici un éclairage professionnel sur le deuil, la périnatalité et d'autres thématiques à venir. Ce blog privilégie la réflexion et le partage d’expertise plutôt que les exercices pratiques, pour vous offrir un espace de compréhension et d'apaisement..

  • Après avoir traversé les tempêtes du deuil, les silences pesants et les vagues de colère, vient un temps que l’on n’osait plus imaginer : celui de l’apaisement. Ce n’est pas un temps où l’on oublie, mais un temps où la douleur cesse d’être un cri pour devenir un murmure. C’est le passage de la plaie vive à la « cicatrice de soie ».

    Qu’est-ce qu’une cicatrice apaisée ?

    Une cicatrice, par définition, est la preuve qu’il y a eu une blessure, mais aussi la preuve que le corps et l’esprit ont su guérir. Apaiser sa cicatrice, ce n’est pas nier l’absence de l’enfant ; c’est accepter que son souvenir ne soit plus synonyme de souffrance déchirante, mais qu’il puisse devenir une source de lumière intérieure.

    C’est ce moment où, en repensant à lui, un sourire peut doucement remplacer les larmes. C’est le moment où l’on comprend que l’amour que nous lui portons est plus grand que le vide qu’il a laissé.

    Se redonner le droit d’espérer : un acte de courage

    Se redonner le droit d’espérer est souvent l’étape la plus difficile. Beaucoup de parents ressentent une forme de culpabilité à l’idée d’aller mieux. On a l’impression que si l’on est heureux, on « trahit » celui qui n’est plus là.

    Pourtant, espérer n’est pas oublier. C’est au contraire honorer la vie.

    • L’espoir au masculin : C’est oser de nouveau se projeter, investir dans des projets à long terme sans la peur constante de l’effondrement.
    • L’espoir au féminin : C’est se réconcilier avec la douceur, s’autoriser à ressentir de la légèreté sans se sentir coupable de ne plus porter le poids du monde.
    • L’espoir pour la fratrie : C’est voir ses enfants grandir dans un foyer où la joie a de nouveau droit de cité, où ils ne sont plus les « gardiens » de la tristesse de leurs parents.

    La sophrologie : cultiver le jardin de demain

    Dans cette phase, la sophrologie change de rôle. Elle n’est plus seulement une bouée de sauvetage, elle devient un outil de jardinage pour votre jardin intérieur.

    • La visualisation créatrice : Nous apprenons à projeter des images positives du futur. Non pas pour masquer le passé, mais pour tracer des chemins de lumière dans notre esprit.
    • L’ancrage du positif : En séance, nous apprenons à repérer ces minuscules instants de bonheur (un rayon de soleil, un rire d’enfant, une main tenue) et à les « engramer » dans nos cellules pour qu’ils deviennent notre nouvelle base solide.

    Un nouveau chapitre, pas un nouveau livre

    Reconstruire une vie apaisée, c’est comprendre que notre histoire ne s’est pas arrêtée au drame. Elle a simplement pris une profondeur que nous n’avions pas choisie. Cette cicatrice fait désormais partie de notre identité, elle nous a rendus plus sensibles, plus conscients de la valeur de chaque instant, plus humains.

    Le droit d’espérer, c’est s’autoriser à nouveau à dire « oui » à la vie, avec toute la sagesse que l’épreuve nous a enseignée. C’est transformer le « Pourquoi ? » en « Pour quoi ? » : Pour quoi vais-je utiliser cette force que j’ai puisée au fond de l’ombre ?

    Conclusion : La paix comme héritage

    La cicatrice apaisée est le plus bel hommage que nous puissions rendre à l’enfant qui est passé par nos vies. En choisissant d’être à nouveau heureux, nous faisons briller son souvenir à travers notre propre vitalité. Nous ne marchons plus contre le deuil, nous marchons avec lui, en paix.

    L’espoir n’est pas une trahison, c’est une transmission. C’est dire à cet enfant : « Grâce à toi, j’ai appris la valeur du souffle, et je vais le faire vibrer le plus joliment possible. »

    Ecrit par Sandy OLLE, le 04.03.2026, sophrologue certifiée

  • Dans le long chemin du deuil périnatal, après la sidération et la tristesse, surgit souvent une invitée mal-aimée : la colère. On l’étouffe, on en a honte, on la cache sous une couche de résignation. Pourtant, la colère n’est pas une ennemie. Elle est une énergie vitale qui hurle que ce qui s’est passé est injuste. Si on ne la met pas en mouvement, elle se cristallise dans le corps et devient un poison pour soi et pour le couple.

    La colère au féminin : Le sentiment de trahison

    Pour la mère, la colère est souvent dirigée vers l’intérieur. C’est une colère contre ce corps qui était censé protéger la vie et qui, dans son ressenti, a « failli ».

    • L’expression : Elle se manifeste par une culpabilité dévorante, des pensées obsessionnelles du type « pourquoi moi ? » ou une irritabilité face au bonheur des autres.
    • Le risque : Que cette colère se transforme en une « cuirasse » de tristesse permanente, où la maman s’isole dans son propre corps devenu étranger.

    La colère au masculin : Le silence qui gronde

    Chez le père (ou le second parent), la colère prend souvent une forme plus sourde, car la société lui demande encore trop souvent d’être le « pilier ».

    • L’expression : Elle sort parfois de manière détournée : une impatience soudaine pour des détails du quotidien, un refuge excessif dans le travail ou, au contraire, un mutisme total.
    • Le risque : Que l’impuissance de n’avoir pu « réparer » la situation ne se transforme en un sentiment d’échec personnel qui finit par rompre le dialogue avec la partenaire.

    La colère dans la fratrie : L’incompréhension du vide

    On oublie parfois que les frères et sœurs portent eux aussi une forme de colère. Ils ne comprennent pas pourquoi la joie a quitté la maison, pourquoi leurs parents sont « là mais ailleurs ».

    • L’expression : Chez l’enfant, la colère est un langage. Elle passe par des régressions, des colères inexpliquées pour un jouet cassé, ou au contraire une sagesse excessive pour ne pas « rajouter de la peine ».
    • Le besoin : Ils ont besoin de savoir qu’ils ont le droit d’être en colère contre ce bébé qui a pris toute la place dans le cœur des parents en partant.

    Mettre la colère en mouvement : La clé de la libération

    La colère est comme une vapeur sous pression. Si on ferme le couvercle, elle explose ou fait fondre le récipient. La sophrologie nous apprend à « ouvrir la soupape » par le mouvement.

    1. Le mouvement pour évacuer (L’exercice des soufflets) Imaginez que votre colère est une fumée noire dans vos poumons. En sophrologie, nous utilisons des mouvements de bras dynamiques, associés à une respiration forte.

    • Pour lui et pour elle : Debout, les poings serrés, montez les épaules avec force en inspirant, retenez votre souffle un instant en sentant toute la tension de votre colère, puis relâchez tout d’un coup en expirant bruyamment par la bouche. Visualisez que vous jetez cette rage au sol.

    2. Le mouvement pour nommer (Le cri silencieux) Parfois, la colère a besoin d’un son. Si vous ne pouvez pas crier, faites-le dans votre corps. Contractez chaque muscle de votre visage et de vos membres en pensant à votre injustice, puis relâchez. Sentez la circulation du sang revenir : c’est la vie qui reprend ses droits sur la rigidité.

    3. Le mouvement avec la fratrie (Le jeu de l’oreiller) Avec les enfants, le mouvement doit être ludique. On peut « boxer » les nuages ou secouer tout son corps comme un animal qui sort de l’eau. Cela leur apprend que l’émotion peut traverser le corps sans le briser.

    Transformer la rage en force de vie

    Une fois la colère expulsée par le corps, un espace vide se crée. Ce n’est plus le vide du manque, mais un espace disponible pour l’apaisement. En libérant la colère, on cesse de lutter contre le passé pour commencer à agir pour le présent.

    La colère partagée et bougée ensemble devient un moteur de reconstruction. On ne se regarde plus avec reproche, mais on reconnaît que nous sommes tous dans la même bataille contre l’absurde.

    Conclusion : Vers la paix intérieure

    La colère est une étape, pas une destination. En acceptant de la laisser traverser votre corps plutôt que de la laisser s’y loger, vous préparez le terrain pour la suite. Libérer la colère, c’est s’autoriser enfin à poser les armes pour pouvoir, un jour, caresser la « cicatrice de soie » sans qu’elle ne brûle.

    Chaque mouvement, chaque expiration forcée, chaque pas vers l’extérieur est une victoire de la vie sur l’immobilité du deuil.

    Ecrit par Sandy OLLE, le 28.02.2026, sophrologue certifiée

  • Reconstruire le projet de vie au Masculin et au Féminin

    Après le séisme du deuil périnatal, le paysage de notre vie est transformé. Les projets qui semblaient évidents se sont brisés, et il faut réapprendre à construire sur un sol qui a tremblé. Mais dans cette reconstruction, nous ne portons pas les mêmes outils : le masculin et le féminin ont souvent des manières bien à eux de rebâtir l’avenir. Ce n’est pas une opposition, mais une danse complexe entre deux besoins essentiels.

    Deux rythmes, une même direction

    Il arrive souvent que l’un veuille foncer pour « oublier » ou « se réparer » par l’action (le faire), tandis que l’autre a besoin de s’arrêter, de ressentir et d’honorer le silence (l’être). Ce décalage peut être source d’incompréhension majeure : on a l’impression que l’un fuit la réalité dans le travail ou l’agitation, tandis que l’autre semble s’enliser dans une mélancolie sans fin.

    Pourtant, ces deux rythmes sont les deux faces d’une même pièce, nécessaires à la survie du foyer. La force d’action est un bouclier qui protège le quotidien des nécessités matérielles, tandis que la profondeur émotionnelle est le terreau qui permet d’intégrer la perte pour qu’elle ne devienne pas un tabou toxique. Reconstruire, c’est accepter que nos deux chronomètres ne sont pas réglés sur la même heure. C’est comprendre que l’un prépare le terrain pendant que l’autre soigne les racines, tout en gardant les yeux fixés sur la même étoile.

    La fratrie : le pont entre deux mondes

    Dans cette phase de reconstruction, les enfants présents jouent un rôle de stabilisateurs émotionnels inattendus. Ils sont notre « ici et maintenant » vibrant, une force de rappel à la vie qui ne négocie pas. Leurs rires, leurs demandes quotidiennes et même leurs colères nous obligent à sortir de notre bulle de douleur pour revenir dans la matière.

    • L’enfant comme moteur : Ils nous rappellent que la vie a ses exigences mécaniques : manger, jouer, dormir. Ils nous empêchent de nous dissoudre complètement dans l’absence en nous imposant leur présence lumineuse et exigeante.
    • La transparence nécessaire : Reconstruire avec une fratrie demande une honnêteté de cœur. Intégrer l’enfant absent dans la narration familiale n’est pas un fardeau pour eux, c’est une libération. Expliquer avec des mots simples que l’on peut être triste et joyeux en même temps permet aux frères et sœurs de ne pas porter le poids d’un secret ou d’une culpabilité qu’ils sentent mais ne comprennent pas.

    Leur présence nous pousse à redevenir des bâtisseurs, non plus seulement pour nous, mais pour leur offrir un sanctuaire où la tristesse n’éteint pas la lumière du foyer, mais lui donne une profondeur plus humaine.

    Le corps comme boussole de nos limites

    En sophrologie, nous apprenons que le projet de vie commence par le respect de sa propre écologie intérieure. Avant de vouloir tout reconstruire à l’extérieur (travail, déménagement, nouvel enfant), il est vital de s’écouter pour ne pas bâtir sur du sable mouvant.

    • Pour elle : Il s’agit souvent de se réconcilier avec un corps qui a pu être vécu comme « défaillant » ou traître. La reconstruction passe par des moments de douceur pure — un massage, une respiration consciente — pour réapprivoiser son image et sentir que la vie peut encore circuler sans douleur.
    • Pour lui : Le défi est souvent de relâcher la tension nerveuse accumulée dans la mâchoire ou les épaules. La reconstruction demande de transformer la « cuirasse » de protection en une force souple, capable d’accueillir ses propres besoins sans s’épuiser à vouloir tout porter seul.

    Prendre le temps de synchroniser son souffle avec celui de l’autre permet de vérifier si un projet futur est une véritable envie du cœur ou simplement une fuite en avant pour éviter le vide.

    Créer un projet « hommage » : Intégrer la cicatrice

    La reconstruction ne signifie pas effacer ce qui a été pour retrouver la vie d’avant. Au contraire, le projet de vie le plus solide est celui qui intègre la « cicatrice de soie« . On ne reconstruit pas comme avant, on construit avec.

    Cela peut prendre des formes variées : un changement de trajectoire professionnelle vers un métier de soin ou de sens, un engagement associatif, ou simplement une nouvelle manière de vivre ses loisirs en famille, avec une conscience plus aiguë de la préciosité de chaque instant. Ce nouveau projet devient un lien entre notre passé de parents endeuillés et notre avenir de parents debout. C’est ici que le masculin et le féminin se rejoignent : dans la volonté de faire briller la petite lumière de l’enfant à travers nos actions futures, tout en chérissant intensément ceux qui marchent à nos côtés.

    Conclusion : S’accorder la patience d’être imparfait

    Reconstruire est un verbe qui s’écrit au présent, jour après jour, avec des ratures et des recommencements. Il demande une patience infinie envers soi-même et envers l’autre. En respectant nos manières différentes d’avancer et en honorant la place de chaque membre de la famille, nous transformons une épreuve subie en un chemin de résilience choisi.

    Le projet de vie n’est pas une destination lointaine, c’est ce souffle que l’on retrouve petit à petit, main dans la main. C’est accepter que nos différences soient les pierres qui solidifient notre nouvelle demeure — une demeure où chaque enfant a sa place sacrée, qu’il soit dans nos bras ou dans l’éternité de nos cœurs.

    Ecrit par Sandy OLLE, le 20.02.2026, sophrologue certifiée

  • Dans le deuil périnatal, on parle souvent de sa propre douleur. Mais il existe une épreuve silencieuse et tout aussi bouleversante : celle d’assister, impuissant, à la souffrance physique de l’autre. Le corps du partenaire devient le miroir d’une réalité que l’on voudrait effacer, un paysage de tristesse que l’on ne peut pas toujours consoler.

    Deux corps, deux langages

    Le couple traverse la même tempête, mais pas sur le même bateau. Pour la maman, le corps est le lieu du vide, là où la vie s’est arrêtée. Pour le papa (ou le second parent), le corps est souvent une « cuirasse » qui se tend pour tenir debout, pour protéger, pour ne pas s’effondrer.

    Cette différence de ressenti peut créer une distance. On regarde l’autre souffrir dans sa chair — que ce soit par la fatigue extrême, les larmes ou au contraire un silence de pierre — et on se sent désarmé. On aimerait prendre une part de sa peine, mais le corps de l’autre reste une frontière que l’on ne sait plus comment franchir.

    Le vertige de ne pas pouvoir « réparer »

    L’impuissance est un sentiment lourd. On voudrait être le « pansement de douceur » pour son conjoint, mais on réalise que l’on ne peut pas guérir une blessure que l’on porte soi-même.

    En sophrologie, nous apprenons que cette impuissance n’est pas un échec. Regarder le corps de l’autre avec bienveillance, sans chercher à le « réparer » absolument, est déjà un acte d’amour immense. Parfois, la seule chose que l’on puisse faire, c’est être là, comme un ancrage solide, en acceptant que chacun avance à son propre rythme.

    Retrouver le contact, un souffle à la fois

    Comment se rejoindre quand les corps sont meurtris ? Cela commence par des gestes minuscules. Ce n’est pas forcément une grande discussion, mais peut-être juste une main posée sur une épaule tendue, ou un souffle synchronisé lors d’un moment de silence.

    Valider l’impuissance de l’autre, c’est lui dire : « Je vois ta peine, je ne peux pas l’enlever, mais je marche à côté de toi ». C’est ainsi que la « cicatrice de soie » devient un lien qui unit plutôt qu’une barrière qui sépare.

    Conclusion : S’unir dans la vulnérabilité

    L’impuissance face au corps de l’autre n’est pas une fatalité. C’est une invitation à la douceur. En acceptant que nous ne sommes pas des super-héros, mais simplement deux parents qui s’aiment au milieu du chaos, nous permettons à notre relation de respirer à nouveau.

    Même si nos bras semblent vides ou nos cœurs fatigués, le simple fait de reconnaître la douleur de l’autre sans en avoir peur est la plus belle preuve de présence. C’est là que la « petite lumière » de notre couple peut recommencer à briller, doucement, ensemble.

    Ecrit par Sandy OLLE, le 15.02.2026, sophrologue certifiée

  • Après la perte d’un tout-petit, une question silencieuse hante souvent les parents : « Puis-je vraiment me dire parent si mon enfant n’est pas là ? ». En tant que maman et sophrologue, je sais que la douleur du deuil périnatal est souvent redoublée par un manque de reconnaissance. Pourtant, valider l’existence de cet enfant est le premier souffle vers la reconstruction.

    Exister aux yeux du monde

    Le deuil périnatal est une perte singulière car elle est souvent invisible pour les autres. Parce qu’on n’a pas vu l’enfant grandir, parce qu’il n’y a pas de souvenirs partagés avec l’entourage, certains pensent, par maladresse, qu’il suffit de « passer à autre chose ».

    Mais pour nous, cet enfant a existé dès le premier espoir, dès le premier battement de cœur. Valider son existence, c’est lui donner une place dans l’histoire de la famille. Ce n’est pas s’accrocher au passé, c’est au contraire poser une pierre solide sur laquelle on pourra s’appuyer pour avancer. Sans cette reconnaissance, on reste dans une « attente » qui nous empêche de respirer.

    Le souffle : le lien entre l’invisible et le présent

    En sophrologie, nous travaillons beaucoup sur la respiration. Le souffle est ce qui nous relie au vivant, ici et maintenant. Quand on reconnaît l’existence de son enfant, on libère un blocage dans sa poitrine.

    On s’autorise enfin à dire : « Il a fait partie de moi, il fait partie de nous ». Ce n’est plus un secret lourd que l’on porte seul dans sa « cuirasse », mais une vérité que l’on respire. En calmant notre souffle, on envoie un message de paix à notre corps : l’existence de ce bébé n’est pas une erreur, c’est une rencontre, aussi brève soit-elle.

    Nommer pour faire vivre

    L’existence passe souvent par les mots. Nommer l’enfant, parler de lui, choisir un objet qui le représente (une couleur, une étoile, une petite lumière), c’est lui donner un « poids » d’amour face au vide.

    Peu importe l’âge de la grossesse ou le temps passé avec lui : le lien est réel. Pour le père qui n’a pas pu tenir son enfant, ou pour la mère dont le ventre est devenu silencieux, la reconnaissance est le pont qui permet de transformer l’absence physique en une présence intérieure apaisée.

    Conclusion : Une place légitime

    Valider l’existence de son enfant, s’est s’accorder le droit d’être parent. C’est accepter que cette « petite balle de vie » a laissé une trace indélébile, une « cicatrice de soie » qui témoigne de sa venue.

    En reconnaissant son existence, nous ne restons pas dans la tristesse ; nous donnons un sens à notre parcours. Nous permettons à cette petite lumière de briller librement, non plus comme une ombre qui nous suit, mais comme un souffle qui nous pousse doucement vers demain.

    Ecrit par Sandy OLLE, le 11.02.2026, sophrologue certifiée

  • Dans le sillage du deuil périnatal, on parle souvent du vide immense laissé par l’absence. Mais pour le père, ce vide prend une forme très concrète : celle de bras qui s’étaient préparés à porter, à protéger, et qui se retrouvent soudainement sans poids. Après avoir exploré le rôle du « parent de l’ombre », il est essentiel de s’arrêter sur cette sensation vertigineuse de devenir père sans pouvoir exercer ce lien physique.

    L’instinct de protection mis à l’épreuve

    Pour beaucoup d’hommes, la paternité se projette dans l’action : porter le couffin, bercer, soutenir la maman. Lorsque le bébé s’en va, cet élan naturel est brisé net. Le père se retrouve avec un amour immense et protecteur, mais nulle part où le déposer.

    Cette situation crée souvent un sentiment d’impuissance insupportable. On se sent père dans son cœur et dans ses pensées, mais la réalité physique nous renvoie une image de « bras vides ». C’est une douleur silencieuse qui peut donner l’impression de ne pas être un « vrai » père, alors que le lien est déjà là, gravé dans l’âme.

    La cuirasse du faire contre le vide de l’être

    Pour compenser ce manque de contact physique avec l’enfant, le père se réfugie souvent dans le « faire » : gérer l’administratif, s’occuper des aînés, être le pilier logistique de la famille. C’est une manière de protéger ceux qu’il aime, mais c’est aussi une armure qui empêche de ressentir sa propre peine.

    En sophrologie, nous observons que cette tension s’accumule dans les épaules et le dos, comme si le corps portait un poids invisible pour remplacer celui du bébé. Le plexus se verrouille pour ne pas laisser sortir le cri du cœur. Pourtant, reconnaître que l’on a mal, c’est aussi reconnaître que l’on est père.

    Créer un lien au-delà du toucher

    Devenir père sans bras pour tenir, c’est apprendre à porter son enfant autrement. Puisque le contact physique est impossible, le lien doit devenir symbolique et intérieur.

    Cela commence par s’autoriser à dire : « Je suis père ». Ce lien peut se nourrir d’une pensée, d’un geste pour la fratrie, ou de cette « petite lumière » que l’on garde précieusement en soi. La solidité ne vient pas de l’absence d’émotions, mais de la capacité à laisser la vulnérabilité devenir une preuve d’amour immense.

    Conclusion : Une place à part entière

    Il n’y a pas de hiérarchie dans la souffrance. Le deuil du père est légitime et sa place est centrale dans la reconstruction familiale. En acceptant de poser ses bras vides pour ouvrir son cœur, le père sort de l’ombre.

    La « cicatrice de soie » marque aussi l’âme des hommes. En honorant ce lien invisible, le père permet à toute la famille de cheminer vers une lumière commune, prouvant que l’on n’a pas besoin de bras pour porter un amour éternel.

    Ecrit par Sandy OLLE, le 05.02.2026, sophrologue certifiée

  • Dans le silence qui suit la perte d’un bébé, il y a des regards que l’on croise avec une émotion particulière : ceux des frères et sœurs. Qu’ils aient 3 ans ou 12 ans, ils traversent eux aussi ce séisme familial. En tant que maman d’un grand garçon et d’une petite étoile, et en tant que sophrologue, j’observe que mettre des mots sur l’absence est le premier pas pour que chacun retrouve sa place.

    Les « petits oubliés » du deuil

    On porte naturellement toute notre attention sur les parents, mais les frères et sœurs vivent un deuil bien réel. Ils perdent un rôle qu’ils avaient déjà commencé à imaginer : celui de « grand ».

    Pour un enfant ou un adolescent, la tristesse des parents est comme une météo instable. Sans explications, ils peuvent se sentir perdus, s’imaginer coupables ou craindre que la joie n’ait plus sa place à la maison.

    Briser le silence : dire la vérité avec douceur

    Le plus grand poids pour un enfant n’est pas la tristesse, mais le mystère. Il est essentiel d’expliquer ce qui se passe avec des mots simples et vrais, adaptés à leur âge.

    Il faut leur dire que ce n’est la faute de personne — ni la nôtre, ni la leur. Leurs pensées, même les plus « mélangées » (comme la jalousie ou la peur), sont comme des petits nuages qui passent dans le ciel : elles n’ont pas le pouvoir de faire du mal. Dire la vérité, c’est les autoriser à ne pas porter un secret trop lourd pour eux.

    Transformer l’absence en lien

    En sophrologie, nous aidons les enfants à exprimer ce qu’ils ressentent quand les mots manquent. On peut les encourager à créer un lien symbolique avec ce petit frère ou cette petite sœur que l’on ne peut pas tenir dans nos bras.

    Cela peut être un dessin, un nom secret, ou simplement choisir une étoile plus brillante que les autres dans le ciel. Ce ne sont pas seulement des gestes d’enfants ; c’est une manière de transformer une douleur qui pique en une présence douce qui accompagne la famille.

    Un chemin ensemble : le « pansement de douceur »

    Nous voulons souvent protéger nos enfants de notre peine. Pourtant, voir ses parents pleurer peut aussi apprendre à l’enfant que l’émotion est naturelle, comme une fontaine qui déborde parce que l’amour est trop grand.

    À 12 ans comme à 5 ans, un enfant a besoin de se sentir utile. Leurs câlins sont de véritables petits « pansements de douceur » sur notre chagrin. En partageant cette épreuve, nous leur montrons que l’amour ne s’efface jamais et qu’il nous rend, malgré tout, plus forts et plus unis.

    Conclusion : Une lumière pour tous

    Mettre des mots sur l’absence, ce n’est pas assombrir la vie de nos enfants. C’est leur donner le droit d’appartenir à l’histoire de la famille. Cette petite étincelle de vie est devenue une lumière qui reste accrochée à nos cœurs. En l’honorant ensemble, nous permettons à chaque membre de la fratrie de continuer à grandir, porteur d’une cicatrice de soie qui, loin de les freiner, leur donne une profondeur d’âme et une force immense pour l’avenir.

    Ecrit par Sandy OLLE, le 30.01.2026, sophrologue certifiée

  • Après avoir perdu un enfant, on se sent souvent déconnectée de tout, comme si le sol s’était dérobé sous nos pieds. En tant que maman ayant vécu ce deuil et en tant que sophrologue, j’aimerais partager avec vous une réflexion sur deux forces qui nous aident à tenir : l’ancrage (le lien au sol) et le mouvement (le lien à la vie).

    Quand la douleur nous transforme en statue

    Le choc du deuil périnatal fige tout. Pour ne pas s’effondrer, on se construit instinctivement une sorte d’armure ou de « cuirasse ». Le dos se raidit, les épaules se contractent et on a l’impression d’avoir une pierre au creux de l’estomac, là où se logent nos émotions.

    On pense souvent que pour être « forte » et protéger son entourage, il ne faut plus bouger. On a parfois peur qu’en laissant la vie reprendre son cours, on finisse par oublier son bébé. On devient alors une « tête qui gère » le quotidien, mais on se coupe de son cœur et de son corps pour ne pas souffrir davantage. Mais cette rigidité nous épuise et finit par nous fragiliser.

    L’ancrage : retrouver un sol où se poser

    L’ancrage, c’est simplement réapprendre à habiter son corps, même quand il nous semble être devenu un lieu de souffrance ou de vide. Après un tel drame, on peut avoir l’impression que notre propre corps nous a trahies.

    Se réancrer, c’est essayer, petit à petit, de ressentir à nouveau le contact de ses pieds sur le sol. C’est se dire : « Aujourd’hui, malgré le vide, je suis là, je tiens debout ». C’est transformer cette armure de défense en une base solide. Ce n’est pas oublier, c’est trouver un point d’appui pour ne pas être emportée par la tempête.

    Le mouvement : laisser la vie respirer en nous

    Si l’ancrage nous donne une base, le mouvement nous permet de ne pas rester bloquée dans le traumatisme. Ce mouvement commence tout doucement par la respiration.

    Même quand tout semble arrêté, notre souffle continue son voyage. En sophrologie et en Taï-chi, on observe que le mouvement aide à libérer les tensions bloquées. Desserrer un peu les épaules ou prendre une inspiration plus profonde n’est pas une trahison. C’est accepter que nos émotions puissent circuler à travers nous sans nous briser.

    Le mouvement nous apprend que l’on peut avancer tout en portant son enfant dans son cœur. La petite lumière de notre bébé brille avec la même intensité, que l’on soit immobile ou que l’on recommence à marcher.

    Retrouver une solidité intérieure, ce n’est pas redevenir « comme avant ». C’est devenir comme le roseau : on reste bien plantée dans le sol (l’ancrage), mais on s’autorise à plier sous le vent de la tristesse sans se casser (le mouvement).

    Cette « cicatrice de soie » que nous portons à l’âme ou au corps fait désormais partie de notre histoire. Elle ne nous empêche pas d’avancer ; elle nous donne une force différente, plus humaine, pour cheminer vers une reconstruction pas à pas.

    Ecrit par Sandy OLLE, le 19.01.2026, sophrologue certifiée

  • Dans l’ouragan du deuil périnatal, il y a une figure que l’on voit sans vraiment la regarder : le père.

    Tandis que toute l’attention se porte naturellement sur la mère, le père, lui, se retrouve souvent projeté dans le rôle de « parent de l’ombre ». On attend de lui qu’il soit le roc, le pilier, celui qui gère l’administratif, les aînés et le quotidien, tout en protégeant celle qu’il aime. Mais derrière ce rôle de protecteur, il y a un homme qui vient, lui aussi, de perdre son enfant.

    1. Le Piège de l’Impuissance : « Je dois être fort »

    Le premier choc pour un père, c’est souvent celui de l’impuissance. Dans notre société, on a appris aux hommes qu’ils devaient être des « apporteurs de solutions ». Or, face à la perte d’un bébé, il n’y a rien à réparer.

    Le père voit sa compagne souffrir physiquement et émotionnellement, et ce sentiment de ne rien pouvoir faire pour la « sauver » est une torture silencieuse. Pour ne pas rajouter de peine à la peine, il choisit souvent d’étouffer ses propres larmes. Il se dit : « Ma douleur est secondaire, c’est elle qui a tout subi dans son corps ». C’est ainsi que le parent de l’ombre s’efface, petit à petit.

    2. Le Corps pétrifié : L’armure du silence

    Même s’il n’a pas porté l’enfant dans son ventre, le père reçoit le choc dans son propre corps. Comme je l’explique souvent, le traumatisme ne reste pas que dans la tête, il s’inscrit dans les muscles.

    • La Cuirasse : Pour tenir debout et assurer le quotidien, le père se construit une véritable « armure ». Ses épaules se tendent, son dos se raidit.
    • Le Plexus solaire verrouillé : Au creux de l’estomac, là où l’on ressent les émotions, tout devient dur comme de la pierre. C’est un mécanisme de défense : s’il s’autorise à ressentir une seule émotion, il a peur que toute son armure n’éclate.
    • La déconnexion : Il finit par devenir une « tête qui gère » déconnectée d’un cœur qui hurle. Ce n’est pas de l’indifférence, c’est de la survie.

    3. Le Deuil des « Bras Vides » : Une douleur légitime

    On oublie trop souvent que le père a, lui aussi, investi cet enfant. Il a imaginé les jeux, les premiers pas, l’avenir. Sa perte n’est pas « moins grave » parce qu’elle n’est pas hormonale. Elle est tout aussi réelle.

    Le deuil du père est celui des bras vides. C’est la douleur de ne pas pouvoir exercer ce rôle de protecteur qu’il attendait tant. Quand on lui demande : « Comment va la maman ? » sans jamais lui demander comment il va, lui, on invalide son chagrin. On lui signifie indirectement qu’il n’a pas vraiment le droit de souffrir.

    4. Briser le silence pour se retrouver

    Sortir de l’ombre, ce n’est pas cesser de soutenir sa compagne. Au contraire. C’est comprendre qu’un pilier qui ne respire plus finit par s’effondrer sur ceux qu’il protège.

    Reconnaître sa douleur, c’est s’autoriser à dire : « Je suis triste, moi aussi ». C’est accepter que la vulnérabilité ne soit pas une faiblesse, mais une preuve d’amour immense. En sortant de sa cuirasse, le père permet au couple de se rejoindre. Ils ne sont plus deux solitudes côte à côte, mais deux parents qui traversent la même tempête, main dans la main.

    Conclusion : La lumière du père

    Il est temps de redonner sa place au père. Il n’est pas qu’un accompagnateur ; il est un parent endeuillé à part entière.

    La « cicatrice de soie » dont je parle dans mon livre ne marque pas seulement le corps des mères, elle marque aussi l’âme des pères. Honorer cette cicatrice chez l’homme, c’est permettre à toute la famille de cheminer vers une reconstruction plus juste et plus humaine. Car la petite lumière de l’enfant disparu brille avec la même intensité dans le cœur de ses deux parents.

    Ecrit par Sandy OLLE, le 12.01.2026, sophrologue certifiée

  • La perte d’un enfant est une déflagration qui ébranle chaque membre de la famille, sans exception. Mais au-delà de la déchirure de l’âme, il existe une vérité brutale que le silence entoure souvent : celle du corps. Un corps qui, lui, continue d’être parent alors que ses bras sont vides. C’est ce que j’appelle l’état de siège.

    1. La Trahison Biologique : Quand le corps ne sait plus

    Après la perte, une colère sourde s’installe souvent. On en veut à ce corps qui semble poursuivre son programme biologique de manière absurde, comme une machine qui ne recevrait pas l’ordre de s’arrêter.

    • Le syndrome de la « maison vide » : Tandis que le silence envahit la maison, le corps, lui, manifeste l’attente. Les seins se tendent pour un allaitement qui n’aura pas lieu, le ventre garde l’empreinte de la vie, et les hormones chutent comme si l’on tombait dans un précipice sans fond.
    • Le sentiment de trahison : On finit par rejeter cette enveloppe physique qui nous rappelle, à chaque battement de cœur, ce qui nous manque. Pour une mère, le deuil n’est pas un concept abstrait, c’est une sensation physique de « ventre-silence », un creux qui hurle.

    2. La Physiologie du Choc : De la Cuirasse au Nœud

    Sous l’impact du traumatisme, notre être se fragmente. Pour survivre à l’insupportable, nous nous coupons en deux : une « tête qui pense » déconnectée d’un « corps qui subit ».

    • Le manque hormonal : La disparition brutale de l’ocytocine (l’hormone de l’attachement) crée un sevrage physique terrifiant, un manque que rien ne semble pouvoir combler.
    • Le Plexus Solaire pétrifié : En Taï-chi, le plexus est la porte de nos émotions. Sous le choc, il se verrouille et devient dur comme de la pierre. L’énergie ne circule plus ; on se transforme en une « cuirasse » rigide pour ne pas s’effondrer.
    • La Respiration de Survie : Le deuil agit comme une main qui serre la gorge. On ne respire plus que par petits hoquets, en haut de la poitrine. On a peur de prendre une grande inspiration, car remplir ses poumons reviendrait à laisser entrer toute l’ampleur de la douleur.

    3. Sophrologie et Taï-chi : Réhabiter sa demeure

    Sortir de cet état de siège demande de réconcilier l’esprit avec le corps, car c’est en lui que tout se joue : la vie, la perte, mais aussi la cicatrisation.

    • La Sophrologie (Votre structure) : Elle agit comme une boussole. Par des exercices simples de tension et de relâchement (Isocay), elle aide à stabiliser le mental et à reprendre conscience de son corps de manière positive. C’est envoyer un message de paix à son cerveau : « Ici, c’est moi, et je suis vivant(e) ».
    • Le Taï-chi (Votre flux) : Cette pratique est une danse de lenteur. Elle permet de remettre du mouvement là où la douleur a tout pétrifié. Elle nous apprend à devenir comme l’eau : capable de rencontrer l’obstacle, de le contourner et de continuer à couler.

    On ne guérit pas du deuil périnatal pour redevenir « comme avant ». On devient « autre ». En apprenant à réhabiter ce corps malgré l’absence, on transforme petit à petit la brûlure du souvenir en une présence plus douce, une force intérieure intégrée à notre histoire.

    Le chemin est exigeant, parfois escarpé, mais chaque respiration consciente est un pas de plus vers un équilibre retrouvé. Vous n’êtes pas seul(e) sur ce sentier.

    Ecrit par Sandy OLLE, le 06.01.2026, sophrologue certifiée

Le carnet de Sandy

En tant que sophrologue, je propose ici un éclairage professionnel sur le deuil, la périnatalité et d'autres thématiques à venir. Ce blog privilégie la réflexion et le partage d’expertise plutôt que les exercices pratiques, pour vous offrir un espace de compréhension et d'apaisement..

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