Dans le silence qui suit la perte d’un bébé, il y a des regards que l’on croise avec une émotion particulière : ceux des frères et sœurs. Qu’ils aient 3 ans ou 12 ans, ils traversent eux aussi ce séisme familial. En tant que maman d’un grand garçon et d’une petite étoile, et en tant que sophrologue, j’observe que mettre des mots sur l’absence est le premier pas pour que chacun retrouve sa place.
Les « petits oubliés » du deuil
On porte naturellement toute notre attention sur les parents, mais les frères et sœurs vivent un deuil bien réel. Ils perdent un rôle qu’ils avaient déjà commencé à imaginer : celui de « grand ».
Pour un enfant ou un adolescent, la tristesse des parents est comme une météo instable. Sans explications, ils peuvent se sentir perdus, s’imaginer coupables ou craindre que la joie n’ait plus sa place à la maison.
Briser le silence : dire la vérité avec douceur
Le plus grand poids pour un enfant n’est pas la tristesse, mais le mystère. Il est essentiel d’expliquer ce qui se passe avec des mots simples et vrais, adaptés à leur âge.
Il faut leur dire que ce n’est la faute de personne — ni la nôtre, ni la leur. Leurs pensées, même les plus « mélangées » (comme la jalousie ou la peur), sont comme des petits nuages qui passent dans le ciel : elles n’ont pas le pouvoir de faire du mal. Dire la vérité, c’est les autoriser à ne pas porter un secret trop lourd pour eux.
Transformer l’absence en lien
En sophrologie, nous aidons les enfants à exprimer ce qu’ils ressentent quand les mots manquent. On peut les encourager à créer un lien symbolique avec ce petit frère ou cette petite sœur que l’on ne peut pas tenir dans nos bras.
Cela peut être un dessin, un nom secret, ou simplement choisir une étoile plus brillante que les autres dans le ciel. Ce ne sont pas seulement des gestes d’enfants ; c’est une manière de transformer une douleur qui pique en une présence douce qui accompagne la famille.
Un chemin ensemble : le « pansement de douceur »
Nous voulons souvent protéger nos enfants de notre peine. Pourtant, voir ses parents pleurer peut aussi apprendre à l’enfant que l’émotion est naturelle, comme une fontaine qui déborde parce que l’amour est trop grand.
À 12 ans comme à 5 ans, un enfant a besoin de se sentir utile. Leurs câlins sont de véritables petits « pansements de douceur » sur notre chagrin. En partageant cette épreuve, nous leur montrons que l’amour ne s’efface jamais et qu’il nous rend, malgré tout, plus forts et plus unis.
Conclusion : Une lumière pour tous
Mettre des mots sur l’absence, ce n’est pas assombrir la vie de nos enfants. C’est leur donner le droit d’appartenir à l’histoire de la famille. Cette petite étincelle de vie est devenue une lumière qui reste accrochée à nos cœurs. En l’honorant ensemble, nous permettons à chaque membre de la fratrie de continuer à grandir, porteur d’une cicatrice de soie qui, loin de les freiner, leur donne une profondeur d’âme et une force immense pour l’avenir.
Ecrit par Sandy OLLE, le 30.01.2026, sophrologue certifiée
