La perte d’un enfant est une déflagration qui ébranle chaque membre de la famille, sans exception. Mais au-delà de la déchirure de l’âme, il existe une vérité brutale que le silence entoure souvent : celle du corps. Un corps qui, lui, continue d’être parent alors que ses bras sont vides. C’est ce que j’appelle l’état de siège.
1. La Trahison Biologique : Quand le corps ne sait plus
Après la perte, une colère sourde s’installe souvent. On en veut à ce corps qui semble poursuivre son programme biologique de manière absurde, comme une machine qui ne recevrait pas l’ordre de s’arrêter.
- Le syndrome de la « maison vide » : Tandis que le silence envahit la maison, le corps, lui, manifeste l’attente. Les seins se tendent pour un allaitement qui n’aura pas lieu, le ventre garde l’empreinte de la vie, et les hormones chutent comme si l’on tombait dans un précipice sans fond.
- Le sentiment de trahison : On finit par rejeter cette enveloppe physique qui nous rappelle, à chaque battement de cœur, ce qui nous manque. Pour une mère, le deuil n’est pas un concept abstrait, c’est une sensation physique de « ventre-silence », un creux qui hurle.
2. La Physiologie du Choc : De la Cuirasse au Nœud
Sous l’impact du traumatisme, notre être se fragmente. Pour survivre à l’insupportable, nous nous coupons en deux : une « tête qui pense » déconnectée d’un « corps qui subit ».
- Le manque hormonal : La disparition brutale de l’ocytocine (l’hormone de l’attachement) crée un sevrage physique terrifiant, un manque que rien ne semble pouvoir combler.
- Le Plexus Solaire pétrifié : En Taï-chi, le plexus est la porte de nos émotions. Sous le choc, il se verrouille et devient dur comme de la pierre. L’énergie ne circule plus ; on se transforme en une « cuirasse » rigide pour ne pas s’effondrer.
- La Respiration de Survie : Le deuil agit comme une main qui serre la gorge. On ne respire plus que par petits hoquets, en haut de la poitrine. On a peur de prendre une grande inspiration, car remplir ses poumons reviendrait à laisser entrer toute l’ampleur de la douleur.
3. Sophrologie et Taï-chi : Réhabiter sa demeure
Sortir de cet état de siège demande de réconcilier l’esprit avec le corps, car c’est en lui que tout se joue : la vie, la perte, mais aussi la cicatrisation.
- La Sophrologie (Votre structure) : Elle agit comme une boussole. Par des exercices simples de tension et de relâchement (Isocay), elle aide à stabiliser le mental et à reprendre conscience de son corps de manière positive. C’est envoyer un message de paix à son cerveau : « Ici, c’est moi, et je suis vivant(e) ».
- Le Taï-chi (Votre flux) : Cette pratique est une danse de lenteur. Elle permet de remettre du mouvement là où la douleur a tout pétrifié. Elle nous apprend à devenir comme l’eau : capable de rencontrer l’obstacle, de le contourner et de continuer à couler.
On ne guérit pas du deuil périnatal pour redevenir « comme avant ». On devient « autre ». En apprenant à réhabiter ce corps malgré l’absence, on transforme petit à petit la brûlure du souvenir en une présence plus douce, une force intérieure intégrée à notre histoire.
Le chemin est exigeant, parfois escarpé, mais chaque respiration consciente est un pas de plus vers un équilibre retrouvé. Vous n’êtes pas seul(e) sur ce sentier.
Ecrit par Sandy OLLE, le 06.01.2026, sophrologue certifiée

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