Après la perte d’un tout-petit, une question silencieuse hante souvent les parents : « Puis-je vraiment me dire parent si mon enfant n’est pas là ? ». En tant que maman et sophrologue, je sais que la douleur du deuil périnatal est souvent redoublée par un manque de reconnaissance. Pourtant, valider l’existence de cet enfant est le premier souffle vers la reconstruction.
Exister aux yeux du monde
Le deuil périnatal est une perte singulière car elle est souvent invisible pour les autres. Parce qu’on n’a pas vu l’enfant grandir, parce qu’il n’y a pas de souvenirs partagés avec l’entourage, certains pensent, par maladresse, qu’il suffit de « passer à autre chose ».
Mais pour nous, cet enfant a existé dès le premier espoir, dès le premier battement de cœur. Valider son existence, c’est lui donner une place dans l’histoire de la famille. Ce n’est pas s’accrocher au passé, c’est au contraire poser une pierre solide sur laquelle on pourra s’appuyer pour avancer. Sans cette reconnaissance, on reste dans une « attente » qui nous empêche de respirer.
Le souffle : le lien entre l’invisible et le présent
En sophrologie, nous travaillons beaucoup sur la respiration. Le souffle est ce qui nous relie au vivant, ici et maintenant. Quand on reconnaît l’existence de son enfant, on libère un blocage dans sa poitrine.
On s’autorise enfin à dire : « Il a fait partie de moi, il fait partie de nous ». Ce n’est plus un secret lourd que l’on porte seul dans sa « cuirasse », mais une vérité que l’on respire. En calmant notre souffle, on envoie un message de paix à notre corps : l’existence de ce bébé n’est pas une erreur, c’est une rencontre, aussi brève soit-elle.
Nommer pour faire vivre
L’existence passe souvent par les mots. Nommer l’enfant, parler de lui, choisir un objet qui le représente (une couleur, une étoile, une petite lumière), c’est lui donner un « poids » d’amour face au vide.
Peu importe l’âge de la grossesse ou le temps passé avec lui : le lien est réel. Pour le père qui n’a pas pu tenir son enfant, ou pour la mère dont le ventre est devenu silencieux, la reconnaissance est le pont qui permet de transformer l’absence physique en une présence intérieure apaisée.
Conclusion : Une place légitime
Valider l’existence de son enfant, s’est s’accorder le droit d’être parent. C’est accepter que cette « petite balle de vie » a laissé une trace indélébile, une « cicatrice de soie » qui témoigne de sa venue.
En reconnaissant son existence, nous ne restons pas dans la tristesse ; nous donnons un sens à notre parcours. Nous permettons à cette petite lumière de briller librement, non plus comme une ombre qui nous suit, mais comme un souffle qui nous pousse doucement vers demain.
Ecrit par Sandy OLLE, le 11.02.2026, sophrologue certifiée

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