Le carnet de Sandy

En tant que sophrologue, je propose ici un éclairage professionnel sur le deuil, la périnatalité et d'autres thématiques à venir. Ce blog privilégie la réflexion et le partage d’expertise plutôt que les exercices pratiques, pour vous offrir un espace de compréhension et d'apaisement..

12 (Deuil Périnatal) Le Mouvement pour libérer la colère : Masculin, Féminin et Fratrie

Dans le long chemin du deuil périnatal, après la sidération et la tristesse, surgit souvent une invitée mal-aimée : la colère. On l’étouffe, on en a honte, on la cache sous une couche de résignation. Pourtant, la colère n’est pas une ennemie. Elle est une énergie vitale qui hurle que ce qui s’est passé est injuste. Si on ne la met pas en mouvement, elle se cristallise dans le corps et devient un poison pour soi et pour le couple.

La colère au féminin : Le sentiment de trahison

Pour la mère, la colère est souvent dirigée vers l’intérieur. C’est une colère contre ce corps qui était censé protéger la vie et qui, dans son ressenti, a « failli ».

  • L’expression : Elle se manifeste par une culpabilité dévorante, des pensées obsessionnelles du type « pourquoi moi ? » ou une irritabilité face au bonheur des autres.
  • Le risque : Que cette colère se transforme en une « cuirasse » de tristesse permanente, où la maman s’isole dans son propre corps devenu étranger.

La colère au masculin : Le silence qui gronde

Chez le père (ou le second parent), la colère prend souvent une forme plus sourde, car la société lui demande encore trop souvent d’être le « pilier ».

  • L’expression : Elle sort parfois de manière détournée : une impatience soudaine pour des détails du quotidien, un refuge excessif dans le travail ou, au contraire, un mutisme total.
  • Le risque : Que l’impuissance de n’avoir pu « réparer » la situation ne se transforme en un sentiment d’échec personnel qui finit par rompre le dialogue avec la partenaire.

La colère dans la fratrie : L’incompréhension du vide

On oublie parfois que les frères et sœurs portent eux aussi une forme de colère. Ils ne comprennent pas pourquoi la joie a quitté la maison, pourquoi leurs parents sont « là mais ailleurs ».

  • L’expression : Chez l’enfant, la colère est un langage. Elle passe par des régressions, des colères inexpliquées pour un jouet cassé, ou au contraire une sagesse excessive pour ne pas « rajouter de la peine ».
  • Le besoin : Ils ont besoin de savoir qu’ils ont le droit d’être en colère contre ce bébé qui a pris toute la place dans le cœur des parents en partant.

Mettre la colère en mouvement : La clé de la libération

La colère est comme une vapeur sous pression. Si on ferme le couvercle, elle explose ou fait fondre le récipient. La sophrologie nous apprend à « ouvrir la soupape » par le mouvement.

1. Le mouvement pour évacuer (L’exercice des soufflets) Imaginez que votre colère est une fumée noire dans vos poumons. En sophrologie, nous utilisons des mouvements de bras dynamiques, associés à une respiration forte.

  • Pour lui et pour elle : Debout, les poings serrés, montez les épaules avec force en inspirant, retenez votre souffle un instant en sentant toute la tension de votre colère, puis relâchez tout d’un coup en expirant bruyamment par la bouche. Visualisez que vous jetez cette rage au sol.

2. Le mouvement pour nommer (Le cri silencieux) Parfois, la colère a besoin d’un son. Si vous ne pouvez pas crier, faites-le dans votre corps. Contractez chaque muscle de votre visage et de vos membres en pensant à votre injustice, puis relâchez. Sentez la circulation du sang revenir : c’est la vie qui reprend ses droits sur la rigidité.

3. Le mouvement avec la fratrie (Le jeu de l’oreiller) Avec les enfants, le mouvement doit être ludique. On peut « boxer » les nuages ou secouer tout son corps comme un animal qui sort de l’eau. Cela leur apprend que l’émotion peut traverser le corps sans le briser.

Transformer la rage en force de vie

Une fois la colère expulsée par le corps, un espace vide se crée. Ce n’est plus le vide du manque, mais un espace disponible pour l’apaisement. En libérant la colère, on cesse de lutter contre le passé pour commencer à agir pour le présent.

La colère partagée et bougée ensemble devient un moteur de reconstruction. On ne se regarde plus avec reproche, mais on reconnaît que nous sommes tous dans la même bataille contre l’absurde.

Conclusion : Vers la paix intérieure

La colère est une étape, pas une destination. En acceptant de la laisser traverser votre corps plutôt que de la laisser s’y loger, vous préparez le terrain pour la suite. Libérer la colère, c’est s’autoriser enfin à poser les armes pour pouvoir, un jour, caresser la « cicatrice de soie » sans qu’elle ne brûle.

Chaque mouvement, chaque expiration forcée, chaque pas vers l’extérieur est une victoire de la vie sur l’immobilité du deuil.

Ecrit par Sandy OLLE, le 28.02.2026, sophrologue certifiée


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